• Ça commence à être la pleine saison des araignées. Ce matin, j'en ai repéré une petite au milieu de sa toile, une toile remarquable par le nombre de ses rayons : une cinquantaine ! Grâce au petit guide de La Hulotte (n°73 et 74), j'ai rapidement pu identifier la Diodie "tête-de-mort".

    Là, c'est telle que je la voyais, se dorant au frais soleil du matin, guettant au milieu de sa toile tendue entre deux branches de romarin. J'ai bien fait d'en profiter, mademoiselle Diodie est cachée à l'heure où j'écris ces lignes.

    Pourquoi ce surnom de tête-de-mort ? Eh bien, à cause de l'effrayant masque qui orne son dos. Voici la diodie de dos :

    Vu dans l'autre sens (tête en haut, ce qui n'arrive jamais aux araignées), c'est tout aussi effrayant, avec comme une énorme bouche hurlant silencieusement. Heureusement, la diodie est minuscule.

    Sa toile, de préférence dissimulée sous les arbustes et les buissons, à moins de deux mètres du sol, ne dépasse guère les vingt centimètres. Mais La Hulotte a calculé qu'avec ce nombre impressionnant de rayons (de 27 à 66), la diodie, championne de rapidité, a posé 3 789 points de colle, à raison de 1,7 points de colle par seconde. En effet, comme toutes les araignées, la diodie refait sa toile chaque matin, posant d'abord les rayons, puis les reliant d'un long fil unique, qu'elle produit à mesure qu'elle parcourt sa toile en spirale, du centre vers l'extérieur, le fixant d'un point de colle à chaque rayon ! Et il lui faut une heure vingt pour tisser cette toile. Respect ! comme disent les jeunes.

     

    P.S. le lendemain de ce billet, la diodie a tissé sa toile plus haut, juste entre le rosier et le soleil. Ce fut payant : elle a attrapé un beau syrphe :

    Bon appétit, diodie !

     


    3 commentaires
  • Aujourd'hui, j'ai observé les araignées autour de la maison. La plus abondante est la zygielle des fenêtres (Zygiella x-notata), qui aime tisser sa toile sur toute construction humaine plutôt que sur les éléments naturels : grilles de fer forgé, fenêtres, face arrière des panneaux indicateurs et même fils téléphoniques.

    Sa toile est très facile à reconnaître : un des secteurs est privé de fils concentriques. Au milieu de cet angle, un fil d'alerte conduit directement à la cachette de l'araignée. Ici, la zygielle est cachée dans l'angle des poteaux.


    Au soleil de l'après-midi, j'ai pu voir de près une zygielle dans son abri, constitué d'un petit tube de soie, la patte posée sur son fil d'alerte.

     

    J'ai aussi trouvé une toile de zygielle assez cahotique, son auteure aurait-elle trop bu ?


     

     

    Ensuite, j'ai trouvé l'araignée la plus étonnante qu'on puisse imaginer : l'hyptiote étrange (Hyptiotes paradoxus). Sa toile triangulaire ne comporte que quatre rayons.


    Quant à l'araignée elle-même, elle ressemble à un petit bout de truc végétal desséché. Sur cette photo, l'araignée est plaquée contre une graine du lotier arbustif dans lequel sa toile est tissée (l'araignée est à gauche, c'est le petit bidule triangulaire avec ses pattes vers la gauche, la graine est à droite, ovale avec une longue pointe recourbée). Étonnant, non ?!


    Si l'on en croit la Hulotte, l'hyptiote n'est pas suspendue à son fil : elle l'a coupé en deux et, telle un tendeur, tient chaque extrémité de fil, côté toile avec ses pattes avant, et côté arbre avec ses pattes arrière. Cette incroyable bestiole de six millimètres tend ainsi de toutes ses forces une toile d'une vingtaine de centimètres et ce, pendant des heures ! L'avantage, c'est que dès qu'un insecte se fait prendre, l'araignée est instantanément avertie. Elle lâche alors le fil arrière et la toile se transforme en filet qui enserre la proie. L'hyptiote secoue violemment le filet puis noie sa proie sous un déluge de soie, car elle est dépourvue du venin qui lui permettrait de l'immobilier. Ensuite, elle liquéfie et absorbe le tout, y compris la soie. Comme le souligne la Hulotte, l'hyptiote a ainsi inventé la toile recyclable à usage unique.

    La nature fait preuve d'une inventivité passionnante !


    votre commentaire
  • Sur mon balcon, des pots de fleurs.syrphe capturé par une thomise rose

    Dans un des pots, une pâquerette aux fleurs rose et blanc.

    Entre les pétales rose et blanc d'une des pâquerettes, un petit syrphe, planté tête en bas dans une curieuse position.

    De gros yeux rouge bordeaux, de fines ailes translucides, un abdomen plat, rayé jaune et brun, inoffensive petite mouche déguisée en guêpe miniature...

    Le syrphe est coincé entre les mandibules d'une jolie araignée-crabe, une thomise rose et blanche, comme les pétales de la pâquerette.

    La cruauté revêt parfois de beaux habits. Mais est-ce de la cruauté ? Ou la simple beauté de la vie, avec ses mystères impénétrables... ?

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique