• Mésanges et fourmis

    L'autre jour, mon attention a été attirée par de bruyants et répétés ssiii ui ui ! Il s'agissait d'un groupe de mésanges à longue queue, qui ont traversé mon quartier, voletant en s'interpellant bruyamment d'arbre en buisson et de buisson en arbuste.

    Les mésanges à longue queue ne sont pas des mésanges au sens strict (elles n'appartiennent pas au genre Parus). Ce sont de tout petits oiseaux ronds avec une très longue queue, au plumage gris, blanc et rose. Elles sont difficiles à voir vraiment tant elles sont rapides dans leurs acrobaties.

    Elles se nourrissent uniquement d'insectes et d'araignées de petite taille. Pendant la mauvaise saison, elles ont un comportement erratique, se baladent beaucoup mais toujours dans un périmètre relativement restreint, et toujours en groupe. Elles dorment serrées les une contre les autres. Leur babil incessant assure le lien, vital à la mauvaise saison, entre les membres du groupe. Elles se séparent dès fin février ou mars quand commence pour elles la période de reproduction. Contrairement aux "vraies" mésanges qui nichent uniquement dans des cavités, les mésanges à longue queue fabriquent des nids extérieurs, jolies boules remplies de plumes et souvent couvertes de lichen.

    Les mésanges vraies les plus fréquentes par chez nous, mésanges charbonnières et bleues, ne migrent pas, sauf une petite proportion qui généralement n'en revient pas. L'été, elles mangent surtout des insectes, araignées et myriapodes, en grandes quantités. Les meilleures amies des vergers, ce sont elles : chaque oiseau mange son propre poids d'insectes par jour, y compris des chenilles urticantes ! Et comme elles ont des couvées abondantes, elles sont nombreuses, mais les populations sont ensuite régulées par une très forte mortalité. L'hiver, elles se nourrissent plutôt de graines et de bourgeons ; elles sont des hôtes assidues des mangeoires.

    Comme beaucoup d'oiseaux insectivores, elles souffrent de l'usage immodéré des pesticides  mais aussi de la disparition des arbres creux dont elles ont besoin pour nicher. Nous pouvons les aider en les nourrissant (en hiver seulement !) et en préservant des arbres creux, à défaut en disposant des nichoirs dans les jardins.

    Quand elles n'ont pas le choix, les mésanges occupent parfois des boîtes aux lettres. Dans mon jardin, au contraire, le nichoir que j'ai placé l'hiver dernier à l'intention des mésanges a été colonisé par... des fourmis ! J'attends avec une certaine curiosité de voir si cet hiver les mésanges vont manger les fourmis et occuper le nichoir au printemps, ou pas. Je suis quand même très dépitée, même si ces fourmis sont joliment bicolores et poétiquement baptisées Crematogaster scutellaris.

     

     

     

     

     

     

     

    P.S. du 3 février 2009 : un sans-gêne a volé mon nichoir... je ne verrai donc pas ce qu'il advient de la compétition mésange-fourmi pour un nichoir, dommage !


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